Aliments ultra-transformés : impact sur la santé
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Qu'est-ce qu'un aliment ultra-transformé ?
Les aliments ultra-transformés sont fabriqués par des procédés industriels à partir de denrées de base, de produits industriels et d'additifs. Parmi les exemples courants : sodas, céréales du petit-déjeuner, biscuits industriels, nuggets, plats préparés, nouilles instantanées ou encore desserts lactés.
Ces produits subissent des processus de transformation intensifs comme le fractionnement, le soufflage, la cuisson-extrusion ou l'hydrogénation. Ils contiennent généralement de nombreux additifs : émulsifiants, exhausteurs de goût, antioxydants, arômes artificiels.
Comment les reconnaître ? Un repère simple : vérifiez la liste d'ingrédients. Plus elle est longue et contient des substances que vous n'avez pas dans votre cuisine, plus le produit est ultra-transformé.
Des impacts documentés sur la santé
En novembre 2025, une série de trois articles publiés dans The Lancet par 43 scientifiques internationaux a fait le point sur les conséquences sanitaires de ces aliments.
Les chiffres qui alertent
Une revue systématique portant sur 104 études à long terme a révélé que 92 d'entre elles faisaient état d'une incidence plus élevée d'une ou plusieurs maladies chroniques liées à la consommation d'aliments ultra-transformés.
Les associations significatives ont été établies pour 12 problèmes de santé majeurs :
Obésité et surpoids : ces produits favorisent la surconsommation car leur structure modifiée affecte la vitesse d'ingestion et la sensation de satiété
Diabète de type 2 : lié à la mauvaise qualité nutritionnelle (excès de sucre et de mauvaises graisses)
Maladies cardiovasculaires : risque accru d'hypertension et de complications cardiaques
Dépression et troubles mentaux : les participants qui consommaient le plus d'aliments ultra-transformés avaient 30% de risque supplémentaire de présenter des épisodes de symptômes dépressifs récurrents
Mortalité prématurée toutes causes confondues
Au-delà des calories
Une étude récente publiée dans Cell Metabolism apporte un éclairage nouveau : des effets sur la santé et la fertilité peuvent être observés indépendamment des calories consommées CNRS. Même sans excès calorique, ces aliments présentent des risques pour la santé reproductive masculine, possiblement via l'action de perturbateurs endocriniens présents dans les emballages et les additifs.
Pourquoi sont-ils si problématiques ?
Plusieurs mécanismes expliquent leur nocivité :
1. Qualité nutritionnelle médiocre Les régimes riches en aliments ultra-transformés sont associés à une surconsommation alimentaire globale, à une mauvaise qualité nutritionnelle avec trop de sucre et de mauvaises graisses, trop peu de fibres et de protéines.
2. Substances préoccupantes
Additifs dont on ne connaît pas l'impact à long terme
Contaminants provenant des emballages (phtalates, plastifiants)
Sous-produits issus des transformations industrielles
3. Effets sur l'organisme Il a été montré que ces produits favorisent le stress oxydatif et l'inflammation, et qu'ils modifient le microbiote intestinal ou encore l'expression du génome
La classification NOVA
Pour s'y retrouver, la classification NOVA distingue 4 catégories d'aliments :
Groupe 1 : Aliments bruts ou peu transformés (fruits, légumes, viande, poisson, lait)
Groupe 2 : Ingrédients culinaires (huile, beurre, sucre, sel)
Groupe 3 : Aliments transformés par des procédés simples (pain frais, fromage traditionnel, conserves)
Groupe 4 : Aliments ultra-transformés (produits industriels avec additifs multiples)
Les recommandations des experts
Face à ces constats, les scientifiques proposent la mise en place de mesures de santé publique pour limiter le recours aux aliments ultra-transformés et améliorer l'alimentation à l'échelle mondiale
Au niveau individuel
Privilégier les aliments bruts et cuisiner soi-même
Lire attentivement les étiquettes
Limiter la part d'aliments ultra-transformés à moins d'un cinquième des apports quotidiens
Préférer les alternatives peu transformées quand elles existent
Au niveau politique
La littérature scientifique montre qu'une amélioration nécessite des politiques publiques coordonnées visant à réduire la production, la commercialisation et la consommation d'aliments ultra-transformés, tout en améliorant l'accès à une alimentation saine.
Le rôle de l'industrie
Avec un chiffre d'affaires annuel mondial de 1 900 milliards de dollars, les aliments ultra-transformés constituent le secteur alimentaire le plus rentable. Les stratégies de l'industrie incluent l'utilisation d'ingrédients bon marché, un marketing intensif et des designs attrayants pour stimuler la consommation.
Selon les chercheurs, certains lobbies tentent de discréditer les preuves scientifiques et de freiner les politiques de santé publique, ce qui rend d'autant plus urgent l'action des pouvoirs publics.
Les preuves scientifiques sont désormais solides : une consommation excessive d'aliments ultra-transformés nuit gravement à la santé. Si le débat scientifique doit se poursuivre pour mieux comprendre les mécanismes en jeu, les recommandations actuelles sont claires : privilégier une alimentation basée sur des produits bruts et peu transformés reste la meilleure stratégie pour préserver sa santé sur le long terme.




