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Santé sexuelle : l'importance des bilans réguliers


Un enjeu majeur de santé publique

Dans le monde, 1 million d'infections sexuellement transmissibles sont diagnostiquées chaque jour, représentant un problème mondial de santé publique . En France, on observe une résurgence des IST depuis les années 2000, après une baisse à la fin des années 80 et 90, due au recul des moyens de prévention.


Les IST se transmettent très facilement. Il n'y a pas toujours de signes visibles et il ne faut pas attendre d'avoir des symptômes pour agir. Cette réalité souligne l'importance d'un dépistage régulier, même en l'absence de symptômes apparents.

Les nouvelles recommandations 2025 : un accès facilité

Un dépistage sans ordonnance pour tous


Depuis septembre 2024, tout patient peut demander un dépistage IST sans ordonnance, pris en charge à 100% pour les moins de 26 ans. Ce dispositif révolutionnaire facilite considérablement l'accès au dépistage.

Le dispositif Mon Test IST permet un dépistage sans rendez-vous et sans ordonnance, directement en laboratoire. Pour les moins de 26 ans, la prise en charge est intégrale sans avance de frais, couverte à 100% par l'Assurance Maladie.


Les IST concernées par ce dispositif :

  • VIH

  • Syphilis

  • Chlamydia

  • Gonocoque (gonorrhée)

  • Hépatite B


Innovation 2025 : les kits d'autoprélèvement à domicile


Depuis le 1er juillet 2025, les jeunes femmes de 18 à 25 ans peuvent commander et recevoir discrètement et sans avance de frais, à domicile, un kit de dépistage par autoprélèvement vaginal de deux IST : les infections à chlamydia et à gonocoque INRAE.

Ce service sera étendu aux hommes de la même tranche d'âge au cours du premier semestre 2026 avec un autoprélèvement urinaire, élargissant ainsi l'accès à un dépistage simple et confidentiel.

Le traitement accéléré du partenaire (TAP)


La HAS encourage désormais le TAP, permettant de traiter rapidement les partenaires d'un patient infecté, même sans consultation préalable, afin de casser la chaîne de transmission, notamment pour la gonorrhée et la syphilis.


Cette mesure innovante vise à réduire la transmission des IST en traitant simultanément les partenaires.


Le dépistage des IST : qui, quand, comment ?


Les populations particulièrement concernées


Le dépistage des IST est recommandé pour toute personne sexuellement active, mais certains groupes sont particulièrement concernés : les jeunes adultes et adolescents (les moins de 25 ans sont les plus touchés, notamment pour la chlamydia), les personnes ayant au moins deux partenaires sexuels dans l'année (multipartenariat), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les individus ou partenaires diagnostiqués avec une autre IST.


Les facteurs de risque comportementaux


Il existe des facteurs de risque comportementaux comme la pratique de rapports sexuels non protégés (fellation ou cunnilingus compris), le multipartenariat sexuel, les rapports sexuels sous l'influence de substances psychoactives (alcool, chemsex) qui doivent inciter à des dépistages répétés.


Quand se faire dépister ?


Situations nécessitant un dépistage :


  • Entrée dans une nouvelle relation

  • Après un rapport non protégé

  • En cas de changement de partenaire

  • Apparition de symptômes (écoulements, douleurs, démangeaisons, ulcérations)

  • Début de grossesse

  • Si votre partenaire est diagnostiqué avec une IST

  • Régulièrement si vous avez plusieurs partenaires

En cas de test négatif et de rapports sexuels non protégés avec un nouveau partenaire, le dépistage est répété chaque année. Si le test est positif, un traitement est défini et le dépistage est répété à 3-6 mois.


Où se faire dépister ?


Plusieurs options s'offrent à vous :


  1. Laboratoires de biologie médicale : désormais sans ordonnance pour le dispositif "Mon Test IST"

  2. CeGIDD (Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic) : dépistage anonyme et gratuit

  3. Médecin traitant, gynécologue ou sage-femme : prescription d'un bilan complet

  4. Centres de santé sexuelle : accès facilité pour tous

  5. Pharmacies : pour les autotests VIH (TROD)


Les dépistages des IST peuvent être effectués de manière anonyme et gratuite dans un CeGIDD et dans certains centres de santé sexuelle. Il est rapide, indolore, et les résultats sont généralement disponibles dans les quelques jours suivant le test

Focus sur la chlamydia : l'IST silencieuse


Un dépistage systématique recommandé


En France, la chlamydiose est une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues chez les jeunes femmes. Pourtant 60 à 70% d'entre elles ne présentent aucun symptôme et ignorent qu'elles ont été infectées.


La HAS recommande qu'au moins un dépistage de l'infection à Chlamydia trachomatis soit systématiquement réalisé chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans inclus, y compris les femmes enceintes.


Les risques en cas de non-traitement


L'infection à chlamydia peut entraîner des complications sévères chez les femmes : atteintes inflammatoires pelviennes, salpingites, grossesse extra-utérine ou stérilité tubaire. Le dépistage permet de détecter et traiter l'infection avant l'apparition de ces complications.


Le suivi gynécologique chez la femme


Le dépistage du cancer du col de l'utérus


Selon les recommandations de la HAS, le dépistage du cancer du col de l'utérus débute à l'âge de 25 ans. Entre 25 et 30 ans, il repose sur la réalisation de deux frottis à un an d'intervalle, suivis d'un frottis tous les trois ans en cas de résultats normaux.


À partir de 30 ans, le test HPV est préféré. Il est réalisé 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat est normal. Un nouveau test est refait tous les 5 ans, jusqu'à l'âge de 65 ans, dès lors que le résultat du test est négatif.

Un enjeu majeur


En France, le cancer du col de l'utérus a touché 3159 femmes en 2023 et causé 836 décès en 2022. Ce type de cancer pourrait être évité 9 fois sur 10, grâce à deux moyens de prévention complémentaires : la vaccination contre les HPV dès 11 ans et un dépistage régulier, de 25 à 65 ans


Les professionnels habilités


Le frottis peut être réalisé par :

  • Gynécologue (à l'hôpital ou en cabinet)

  • Médecin généraliste

  • Sage-femme

  • Infirmière de centre de santé (selon protocoles spécifiques)

  • Laboratoire de biologie médicale sur prescription


Prise en charge


Le frottis du col de l'utérus est un examen simple et indolore qui ne prend que quelques minutes. Il permet l'analyse des cellules du col de l'utérus (cytologie) et/ou la réalisation d'un test HPV-HR (détection de la présence du virus HPV).


Dans le cadre du dépistage organisé, l'examen est pris en charge à 100% par l'Assurance Maladie sur présentation du courrier d'invitation.


Le suivi urologique chez l'homme


La détection du cancer de la prostate


Concernant la prostate, on parle de détection et non de dépistage, car il peut y avoir des faux positifs. Les hommes sont informés afin qu'ils fassent un dosage de PSA (antigène prostatique spécifique) à partir de 50 ans, selon les recommandations actuelles.


Populations à risque : L'âge est abaissé à 45 ans chez les deux populations à risque identifiées : afro-antillais et personnes qui ont dans leur famille plusieurs cancers de prostate survenus à des âges jeunes (45-55 ans).


L'importance du dialogue avec l'urologue


Le bilan du statut sexuel initial du patient (fonctions sexuelles, environnement, profil de risque, demandes et souhaits particuliers du patient) est un paramètre à part entière pour le choix du traitement immédiat et pour le suivi.


Même en l'absence de symptômes, il est prudent de réaliser un bilan avec un spécialiste dès la quarantaine ou la cinquantaine. Pour ceux qui ressentent des troubles urinaires, des difficultés lors de l'érection ou une baisse de libido, une consultation s'impose


Auto-examen des testicules


Bien qu'il n'existe pas de dépistage systématique du cancer du testicule, l'auto-palpation mensuelle est recommandée, particulièrement chez les hommes de 20 à 40 ans. Tout nodule, grosseur ou changement de volume doit motiver une consultation rapide.

Les examens complémentaires selon les situations


Bilan hormonal


Des tests sanguins peuvent être nécessaires pour vérifier les niveaux hormonaux, notamment :

  • Testostérone (chez l'homme)

  • Œstrogènes et progestérone (chez la femme)

  • Hormones thyroïdiennes (impact sur la libido)

  • Prolactine


En cas de troubles sexuels


En cas de dysfonction érectile, un bilan nécessaire permet de savoir d'où vient la dysfonction : vieillissement, diabète, antidépresseurs ou médicaments qui diminuent la libido.


Des examens complémentaires peuvent inclure :

  • Échographies (évaluation des structures internes)

  • Doppler pénien (circulation sanguine)

  • Bilan cardiovasculaire

  • Bilan neurologique


La consultation de dépistage : un moment privilégié


La consultation de dépistage (prescription du test ou rendu des résultats) est un moment propice pour aborder la vie affective et sexuelle de la personne, pour faire le point sur les pratiques, les risques (IST, VIH, grossesses non désirées) et discuter des moyens de prévention les plus adaptés (préservatifs masculins et féminins, moyens contraceptifs).


Les sujets à aborder


Avec votre professionnel de santé, n'hésitez pas à évoquer :

  • Vos pratiques sexuelles et vos inquiétudes

  • Les moyens de protection utilisés

  • D'éventuels symptômes même légers

  • Votre désir de contraception ou de conception

  • Des troubles de la libido ou de la fonction sexuelle

  • Votre vie de couple et votre bien-être intime


Calendrier récapitulatif des bilans recommandés


Pour les femmes


De 15 à 25 ans :

  • Dépistage IST : annuel si rapports non protégés ou changement de partenaire

  • Chlamydia : systématique au moins une fois

À partir de 25 ans :

  • Frottis cervical : 2 frottis à 1 an d'intervalle, puis tous les 3 ans jusqu'à 30 ans

  • Consultation gynécologique annuelle recommandée

À partir de 30 ans :

  • Test HPV : tous les 5 ans jusqu'à 65 ans

  • Examen des seins : palpation annuelle

À partir de 50 ans :

  • Mammographie : tous les 2 ans jusqu'à 74 ans (dépistage organisé)


Pour les hommes


À partir de 15 ans :

  • Dépistage IST : selon activité sexuelle et facteurs de risque

  • Auto-palpation testiculaire : mensuelle entre 20 et 40 ans

À partir de 45-50 ans :

  • Dosage PSA : discussion avec le médecin selon profil de risque

  • Bilan urologique : en cas de symptômes

À partir de 50 ans :

  • Suivi prostatique : selon recommandations individuelles

  • Dépistage du cancer colorectal : tous les 2 ans jusqu'à 74 ans

Pour tous


Dépistage VIH :

  • Au moins une fois dans la vie pour toute personne de 15 à 70 ans

  • Régulièrement en cas de multipartenariat

  • Systématique en début de grossesse


Lever les freins au dépistage


Les obstacles psychologiques

Malgré l'importance du dépistage, plusieurs freins persistent :

  • La peur du jugement

  • La honte ou l'embarras

  • La crainte d'un résultat positif

  • La minimisation des risques

  • Le manque d'information


Des solutions existent


Confidentialité garantie : Tous les professionnels de santé sont tenus au secret médical.


Anonymat possible : Les CeGIDD proposent des dépistages anonymes et gratuits.


Démarches simplifiées : Les autotests et kits à domicile facilitent l'accès au dépistage.


Accompagnement : Les professionnels sont formés pour aborder ces questions avec tact et bienveillance.

L'importance de la prévention


Au-delà du dépistage


La santé sexuelle repose sur plusieurs piliers :

  • Utilisation systématique du préservatif avec un nouveau partenaire

  • Communication ouverte avec son/ses partenaires

  • Vaccination contre les HPV (recommandée dès 11 ans pour tous)

  • Vaccination contre l'hépatite B

  • Hygiène de vie saine (alimentation, activité physique, sommeil)

  • Gestion du stress et préservation de la santé mentale


Information et éducation


Une meilleure connaissance de son corps et des risques permet de prendre des décisions éclairées. N'hésitez pas à :

  • Consulter des sources fiables (sites institutionnels, professionnels de santé)

  • Poser des questions à votre médecin

  • Participer à des ateliers d'éducation à la santé sexuelle

  • Utiliser les lignes d'écoute spécialisées


La santé sexuelle est une composante essentielle du bien-être global. Les bilans réguliers permettent non seulement de dépister précocement les infections et pathologies, mais aussi de bénéficier de conseils personnalisés en matière de prévention.


Les avancées de 2025 en matière de dépistage (accès sans ordonnance, kits à domicile, gratuité étendue) lèvent de nombreux obstacles et facilitent l'accès aux soins pour tous. Profiter de ces dispositifs, c'est prendre soin de sa santé et de celle de ses partenaires.


N'attendez pas l'apparition de symptômes : le dépistage régulier est la clé d'une sexualité épanouie et sereine. Parlez-en avec votre médecin, il saura vous orienter vers les examens adaptés à votre situation.


 
 
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